La Vie Devant Moi.http://sucreesalee.zeblog.com/ |
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Sucrée Salée
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Non, je suis toujours là.
Je suis juste pleine de brouillons, d'embryons de mots, de phrases.
Mais.
Mais quoi ? Ce n'est pas une trahison, pas envers vous, non. Je me suis trahie moi-même. Je me suis perdue surtout. En constant décalage avec moi, avec les autres, avec la vraie vie peut-être, aussi.
Pendant ces quelques jours, ni chez moi, ni chez les autres, en dehors de tout, nulle part mais partout, je me suis trouvée.
Et puis, pour mieux se perdre au final.
Je ne regrette rien. La sensation de s'être trouvée est belle. Douleureuse également puisqu'elle implique que l'on va se perdre, que l'on se retrouve avec un manque de soi. Retour cruel en somme puisque c'est bien connu, ce que l'on ne connaît pas ne peut nous manquer...
Mais si c'était à refaire ?
Et dès le début de l'année, après quelques cours -de philosophie-, l'impression que l'on rejoue les mêmes scènes, avec les mêmes acteurs et les mêmes scènes, même si l'actrice qui me rend les répliques a changé et les répliques aussi d'ailleurs...tout reste. Se défaire de soi-même, la solution ?
Je suis revenue d'Angleterre depuis quelques jours. Le temps a filé encore très vite, peut-être moins vite que l'année dernière tout de même, mais très vite. Je n'aime pas l'impression que laissent ces voyages-là. On rencontre des tas de personnes, des gens qui font le voyage avec nous et avec qui l'on vit ces deux semaines, des Anglais, d'autres Français, des Espagnols, des Italiens, des Coréens, un Jordanien...
Oui, on rencontre toujours trop de monde durant ces semaines-là. Trop de monde avec qui l'on sympathise, avec qui l'on rigole, avec qui l'on est ému. Trop de monde que l'on ne reverra pas, trop de monde dont on aura plus de nouvelles, trop de monde dont on ne se souviendra presque plus.
Je n'aimerais jamais les rencontres dont on sait qu'elles n'aboutiront pas à une longue relation, mais. Mais qu'elles seront juste des rencontres éphémères. J'aimerais qu'elles durent toutes plus longtemps, mais. Mais elles existent pour leur fragilité, leur fugacité. Elles sont belles parce qu'elles sont précaires et que nous savons que bientôt, elles ne se conjugeront plus qu'au passé.
Et puis.
-J'ai eu mes résultats du bac anticipé il y a déjà longtemps, ils sont plutôt bons, j'étais contente.
-Je lui en veux de ne pas me donner de nouvelles, ça fait presque trois semaines que je ne sais pas ce qu'elle devient. Et je ne veux pas l'appeler, parce que c'est toujours moi qui le fait.
-J'ai environ 5 lettres à écrire, une dizaine d'emails à envoyer, peut-être 2 ou 3 coups de fils à passer mais je ne le fais pas. Je fais du surplace, c'est tellement moins fatiguant, c'est tellement moins frustrant que d'écrire et ne pas avoir de réponse.
Un jour, peut-être, j'aurais le temps. Je suis. Gaspilleuse. Détestable.
Parce que. Bien sûr que je l'ai déjà.
J’ai toujours pensé que tout le monde se posait aussi trop de questions. Que chacun avant de faire quoi que ce soit pesait plus ou moins le pour et le contre. Que chacun faisait attention aux autres, à ne pas les blesser, à ne pas les gêner.
J’ai bâti le fonctionnement du monde sur mon fonctionnement. J’ai cru être représentative des autres et que les autres m’étaient représentatifs aussi. Une parmi les autres, les autres, faux doubles mais doubles, tout de même.
Abruptement.
J’ai appris que peu de personnes se posaient trop de questions, que peu de personnes pesaient le pour et le contre, que peu de personnes faisaient attention à quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes même s’ils essayent de donner l’impression que.
Un monde de faux-semblants dans lequel on donne l’impression mais où on ne la fait pas. Un monde dans lequel on cherche la une vérité. Oui, on cherche la vérité que l’on veut entendre, la vérité qui rend plus sûr de soi et plus orgueilleux aussi, la vérité qui ne devient plus que notre vérité, une vérité que l’on sait pertinemment fausse mais mieux vaut s’enfoncer en croyant de belles choses, qui nous rassurent, qu’en sachant la vérité mais une vérité qui enfonce aussi justement. Serait-ce de cette façon que nous vivons.
Fin de l’innocence.
Bien sûr que oui le fonctionnement du monde est comme le mien. Alors, si le fonctionnement du monde n’est pas celui que je croyais être, le mien non plus ne ressemble pas à celui que je m’étais forgé, à celui que je m’étais imaginé.
Prise de conscience.
Don’t say I love you. I love nobody. Don’t say you love me. You love nobody
Mais peut-être. Je ne pose pas trop de questions. Juste. Pas assez de réponses. Ou alors, pas assez de bonnes réponses. Parfois. Mieux vaut des questions. Nous ne devrions pas mettre des points, préférons des d’interrogations. ?